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officiellement maintenue par Maurice Esseul |
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Petite
île à l'il vif, à l'il clair,
à l'il doux
Qui demeurez un peu mystérieuse et fière,
Vous êtes belle à ceux que vous rendez jaloux
Et vous irradiez la côte de lumière
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Ainsi
s'exprimait en 1971, Marie Lesueur, talentueuse poétesse
vendéenne, qui aimait tant notre île.
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L'île d'Yeu, perle de l'Atlantique !
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Nulle
autre ne saurait mieux mériter ce qualificatif, tant
elle apparaît au voyageur comme une émeraude
sertie d'un anneau de sable doré, dont l'Océan
serait son plus bel écrin.
On
a vanté maintes fois la grandeur de sa côte sauvage
et la douceur de ses rivages orientaux aux senteurs de tamaris.
Mais elle possède aussi d'autres atouts, que vous découvrirez
vous-même au cours de votre séjour. Vous apprécierez
la vie de son port, le charme de ses petits villages éclatants
de blancheur, ainsi que la lumière de son ciel. Et
vous ferez d'inoubliables randonnées tout au long de
ses petits chemins creux, bercé par le bruit de la
mer qui vous rappellera le caractère insulaire de ce
beau pays. Aussi, nous n'en doutons pas, la découverte
de l'île d'Yeu sera pour vous un véritable dépaysement.
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| Ses origines |
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Issue
du grand bouleversement qui marqua la fin de l'Ere Primaire,
l'île d'Yeu a été profondément
marquée au cours des âges par les différents
niveaux de l'Océan. Tantôt rattachée au
continent lors de la régression marine, par le célèbre
Pont d'Yeu, bande rocheuse partant de la côte vendéenne,
tantôt insularisée par suite de la montée
des eaux, elle en a subi au cours des âges toutes les
fluctuations.
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| Insula Oya |
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Tel
est le nom porté par notre île autrefois. Selon
les auteurs anciens, rappelant les périples des peuples
du Nord, ce nom lui aurait été donné
par les Scandinaves (norois) lors de leurs expéditions
maritimes du début de notre ère. Interceptant
la "route maritime de l'étain" ils seraient
parvenus jusqu'à cette île qu'ils auraient appelée
"Oya", c'est à dire la petite île ou
l'île jeune. On retrouve ce nom sur les cartes les plus
anciennes, précédé du préfixe
latin "Insula", qui signifie île. On observe,
par ailleurs, que les noms de toutes les îles de Norvège
et du Spitzberg se terminent par Oya ou Oy. Ce qui est un
élément confortant de l'hypothèse avancée.
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| Un peu de sa passionnante
histoire |
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Située
sur le passage des grandes routes maritimes l'île d'Yeu
, la plus éloignée des îles de l'Atlantique,
a toujours été dans le passé un point
de relâche connu de tous les navigateurs.
Les vestiges mis au jour sur son sol attestent la présence
de l'homme au cours de la préhistoire, au néolithique
et peut-être dès le paléolithique. Ces
différents peuples nous ont laissé de nombreux
témoignages gravés sur la pierre (cupules),
ainsi que des mégalithes. L'île était
à l'époque couverte d'une épaisse forêt
de chênes verts. Selon la tradition les Romains l'auraient
occupée et fortifiée vers le 1er siècle
avant J.C. Au VI° siècle s'établit un monastère
dédié à Saint-Hilaire et qui fut détruit
au IX° siècle au cours des incursions successives
des sarrasins puis des vikings. Dès le XI° siècle
un second monastère, dédié à Saint-Étienne,
s'implanta dans l'île et édifia l'église
Saint-Sauveur qui devint la paroisse de l'île. A partir
du haut Moyen-Age l'île appartint à diverses
familles seigneuriales, puis fut rattachée en 1785
au domaine de la Couronne.
Depuis les temps historiques l'île d'Yeu fut souvent
la proie des envahisseurs. Il en fut de même plus tard,
au début de la guerre de Cent Ans, lorsqu'elle fut
occupée par les Anglais durant trente sept années.
Puis, au cours des siècles suivants, l'île d'Yeu
vécut pratiquement en autarcie, en raison de la présence
constante des corsaires anglais qui hantaient les parages,
créant ainsi un climat permanent d'insécurité
préjudiciable à la vie des insulaires. Durant
la Révolution l'île, trop éloignée
du continent, ne prit aucune part à la Guerre de Vendée,
mais elle reçut en 1795 la visite du Comte d'Artois
(futur Charles X) et de ses troupes lors de son expédition
infructueuse.
La situation des islais évoluera à partir de
l'Empire, en raison de la présence sur le sol insulaire
d'une importante garnison, qui mettra fin aux entreprises
anglaises. Dès lors, la seconde moitié du XIX°
siècle sera bénéfique pour la prospérité
de l'île, dépendante de la mer. L'île d'Yeu
deviendra ainsi l'un des plus grands ports thoniers de l'Atlantique.
Le thon et la sardine favoriseront l'implantation des premières
conserveries. Enfin, l'entre-deux-guerres verra disparaître
l'agriculture au profit de la pêche, dont l'activité
se poursuit de nos jours. Grâce à la ténacité
et au dynamisme de ses pêcheurs et ce, malgré
les contraintes européennes, l'île d'Yeu est
actuellement la seule île de l'Atlantique qui manifeste
sa volonté de conserver sa traditionnelle activité.
Toutefois, le développement du tourisme résidentiel
ou passager est essentiel et représente un espoir.
C'est aussi le seul moyen, dans un proche avenir, d'assurer
le maintien de l'équilibre économique de l'île
d'Yeu.
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| Ses multiples visages |
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A
onze milles du continent l'île d'Yeu se dresse au-dessus
des flots, telle une sentinelle avancée des côtes
de Vendée. Longue de près de 10 km, sur 4 km
dans sa plus grande largeur, elle développe environ
30 kilomètres de côtes au profil extrêmement
varié, pour une superficie de 2332 hectares.
Pays de contraste, terre de transition, elle est bordée
à l'Ouest par une barrière dorsale aux amoncellements
chaotiques, dernier maillon de la chaîne armoricaine,
alors que sa côte orientale, formée de bois et
de plages de sable fin, évoque déjà l'approche
des Charentes. En outre, l'île bénéficie
d'un micro-climat qui lui assure un grand ensoleillement et
des hivers généralement doux.
Aussi, compte tenu de son caractère exceptionnel et
de la nécessité de préserver ses sites
naturels, l'île d'Yeu a fait l'objet, en 1977, d'un
classement dans sa totalité à l'inventaire des
sites pittoresques de la Vendée. De plus, sa côte
sauvage a été classée en 1995 parmi les
sites à préserver de toute atteinte à
leur intégrité.
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| Une île vivante |
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Elle
est peuplée de 5000 habitants, appelés "islais",
répartis en deux agglomérations principales:
Port-Joinville, la capitale et Saint Sauveur, appelée
"le Bourg", ainsi que dans une vingtaine de villages
disséminés dans l'île dont, au sud, le
village de La Meule avec son petit port.
La pêche et le tourisme sont les deux activités
principales de l'île, qui actionnent le commerce et
l'artisanat local.
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| L'habitat
islais |
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La
maison traditionnelle islaise dite "de pêcheur",
est basse avec une toiture en pente douce, couverte de tuiles
creuses, du type "tige de botte", bloquées
au mortier à leur extrémité pour résister
aux attaques du vent. La cheminée est couronnée
d'un arrondi. Quant à la façade, elle est régulièrement
blanchie à la chaux ou aux produits actuels plus résistants,
ce qui donne aux villages un aspect méditerranéen.
Portes et fenêtres sont enduites de peinture à
bateau, selon trois couleurs dominantes: le bleu, le vert
ou le gris. La demeure plus cossue comporte un demi-étage,
appelé ici un "haut". L'île d'Yeu étant
classée et son habitat protégé, seuls
Port-Joinville et Saint-Sauveur possèdent des maison
à plusieurs étages.
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Nombre
de visiteurs constatent avec étonnement que les noms
de certains villages de l'île sont précédés
du préfixe "Ker", ce qui laisserait supposer
l'existence dans le passé d'une implantation bretonne.
Il n'en n'est rien. En réalité le "ker"actuel
n'est qu'une forme abrégée de "Cayruy"
ou" Querry" appellation poitevine, encore répandue
sur le proche continent. Ex: Le Querry, Le Querreux, (Pays de
Monts), Querry Pigeon,(Les Sables d'Olonne) etc. Ce préfixe
désigne l'espace commun, le lieu-dit, le carrefour où
l'on se réunit, ainsi que l'aire devant la maison. De
fait, toutes les cartes anciennes de l'île d'Yeu, ainsi
que les textes du XIV° au XVII° siècle, mentionnent
successivement "Cayruy" "Querruy" ou "Querry".
A la fin du XVII° siècle les cartographes écrivent
"keruy" puis, au siècle suivant "kery".
C'est à partir de la Révolution que, pour des
raisons de commodité, les textes officiels imposeront
peu à peu le "ker", sans consultation aucune
des insulaires. |
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Copyright
2002
Maurice Esseul & Ocean Numerique |
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